vendredi 28 août 2026

Dans les coulisses de la création : une immersion ardennaise aux airs d'Amérique - Souvenir de visite au Bison Ranch d'Orchimont (juillet 2020)

 

Pour mon prochain livre, un roman ou un conte ou un récit de vie, mes pas m'ont menée au « Bison Ranch d’Orchimont » au coeur des Ardennes belges.

Il suffit de quitter sa voiture et d'emprunter le sentier qui serpente vers le domaine pour changer de continent. En un instant, l'Ardenne  s'efface et laisse place aux grands espaces de l'Ouest américain.

Arrivée bien avant l’heure du « Wagon trail », j’ai partager un long moment avec Candice Leroy, la compagne du fondateur du lieu, Laurent Naveau.

Écouter l'histoire de cette aventure insolite, comprendre le pourquoi et le comment de cette passion, fut un véritable privilège.

Puis est venu le temps de l'immersion. 

Installés dans le chariot, conduit par Laurent, nous nous sommes enfoncés dans la propriété à la découverte de ses espaces préservés et de ses lieux historiques.

Le voyage s'est interrompu au milieu d’une vaste prairie ceinte de bocages. Là, un troupeau s’abandonnait paisiblement à son rythme naturel : brouter, ruminer, profiter du moment présent. 

Autour des mères et leurs bisonneaux deux mâles veillaient. L’un, colosse d’une vingtaine d’années à la stature impressionnante ; l’autre de trois ou quatre ans, encore frêle, nous observaient de ses grands yeux frangés de longs cils sombres.

La pause au milieu de ces bovidés, à la toison généreuse - dont le rôle écologique s'avère précieux - a laissé libre cours  à une foule de questions enthousiastes.

La visite s'est conclue au « Saloon » dans un décor digne d’un grand western.

J’y ai savouré les « Bisonnailles » : une spécialité savoureuse et copieuse que je ne peux que recommander.

Un site à découvrir en famille ou entre-amis, porté par un accueil d'une immense générosité. 

Merci à Candice Leroy et à Laurent Naveau d'avoir ancré une parcelle d’Amérique au milieu de nos forêts.

www.bisonranchorchimont.com

RIA et son défi : « Août des Auteurs Visibles – Jour 17 : Transformer les faux pas en étincelles

 

Écrire, c’est avancer sur un chemin de traverse, parfois semé d’ornières. Si je repense à mon parcours, l’un de mes plus grands apprentissages a été de comprendre à quel point la voix d’un texte est précieuse.

Un jour, j’ai laissé une prétendue éditrice retoucher l’un de mes manuscrits. En voulant tout lisser, elle avait retiré ce qui faisait le cœur même de l’histoire : sa substance poétique, sa douceur, cette petite musique qui me ressemble. Ce jour-là, j’ai compris qu’un texte ne doit pas chercher à tout prix à être dans un moule standardisé, mais plutôt faire vibrer la corde sensible de ceux qui le lisent.

L’écriture est un univers en constante évolution. C’est pour cela que j’aime tant plonger dans des ateliers créatifs : non pas pour me conformer à des règles rigides, mais pour m’ouvrir à de nouveaux horizons, éveiller l’imaginaire et libérer le mot qui restait parfois bloqué au bout de mon Bic bleu.

Il m’arrive encore, par envie de trop bien faire, d’inviter un personnage de trop ou d’ajouter une scène qui s’arrête au milieu de la page. Mais c’est là que la magie opère : réajuster la voilure, faire confiance au fil du récit et repartir de plus belle.

Et vous, dans votre quotidien ou vos passions, quelle est cette « erreur » qui s’est finalement transformée en une belle leçon d’authenticité ?

RIA et son défi : « Août des Auteurs Visibles – Jour 16 : Parlons du travail en cours


Béryl & Azriel, les deux personnages principaux de mon prochain conte fantasy, sont nés sans que je ne sache pourquoi sur les lignes de mon cahier de brouillon.

Pourtant, au fil de l’écriture, d’autres noms se sont ajoutés alors que je ne les avais pas appelés !

Pourquoi ? Cela reste un mystère, mais ils ont une place importante dans mon histoire.

D’ailleurs, celle-ci couvre déjà 36 scènes, et chaque étape dévoile un nouveau mystère ou résout une énigme…

Il me tarde de vous plonger au cœur de cet univers pour que vous puissiez, vous aussi, en percer les secrets.

Et vous, vos personnages s’invitent-ils sans prévenir ? 


RIA et son défi : « Août des Auteurs Visibles – Jour 15 : Les coulisses

On me demande souvent : « Où naissent vos histoires ? »

La vérité, c’est que je n’ai pas de lieu secret, mais une géographie bien à moi.

Pour moi, un carnet ou une photo ne sont pas de simples actes de mémoire. Dans les jours de « grands travaux », je deviens voyageuse entre deux territoires.

Le grenier d’abord. C’est le royaume de l’artisanat brut. Là-haut, c’est le règne du papier, des cahiers de brouillon, des ratures frénétiques et des relectures chuchotées. C’est l’endroit où le premier jet prend vie dans toute sa liberté. Parfois imparfait, mais toujours vivant.

Le bureau ensuite. C’est l’atelier polisseur. J’y descends pour mettre de la clarté dans mes lignes raturées, pour écouter la musicalité du texte à voix haute et ajuster les moindres détails.

Et puis, il y a la vie qui s’intercale : un quai de gare, une salle d’attente, une table de brasserie en attendant une amie… Dans ces parenthèses suspendues mon Bic bleu s’impatiente et croque tout ce qu’il trouve sur n’importe quel bout de papier.

Et vous, quels sont les lieux imprévus qui réveillent votre imagination ?

vendredi 14 août 2026

RIA et son défi : " Août des Auteurs Visibles" – Jour 14 : Le titre

 

Saviez-vous que ce sont parfois les personnages qui décident eux-mêmes leur prénom ?

L’idée de mon conte moderne est venue d’une demande d’écriture après qu’on m’a offert une gravure. Dès le départ, j’ai appelé cet ours Igor. Pourquoi ? Je ne sais pas, c’est venu comme ça.

Puis, au milieu de mon écriture, j’ai vérifié le nom donné par l’artiste à la gravure : Ralph. Sauf que dans mon histoire, l’ours déclare lui-même : « Je préfère qu’on m’appelle Igor ». Alors, moi l’autrice, je n’ai pas eu d’autre choix que d’écouter mon personnage !

Pour Mitsy, c’est une autre histoire ! Au départ c’était « Lola la vache sans tache ». Mais avant de finaliser le livre, petite recherche sur Internet et là… consternation ! Il existait déjà une foule de livres sur une vache prénommée Lola.

Impossible d’en rajouter une !

En partant du mot « envie », j’ai alors cherché un prénom qui laissait entendre le son « i »… Et c’est ainsi que Lola est devenue Mitsy et l’histoire L’envie de Mitsy.

Avec le recul, je me dis que Mitsy porte tellement bien son nom, qu’il m’est impossible de l’imaginer autrement.

Quant à Igor, il fait parti de ces personnages qui s’imposent à leur autrice… et ce sont souvent mes préférés !

RIA et son défi : "Août des Auteurs Visibles" - Jour 13 - La couverture ou Ce que nos choix de couverture racontent de nous : dans les coulisses du premier regard.

 Lors de mes salons du livre, il y a un moment bien particulier que j’affectionne tout particulièrement. C’est cet instant suspendu où le visiteur s’arrête devant la table, les yeux naviguant d’un livre à l’autre. Avant même qu’un résumé ne soit lu ou qu’un mot ne soit échangé, une connexion silencieuse s’établit. Bien souvent, j’aime poser cette simple question : « Laquelle de ces couvertures fait pétiller votre curiosité ? »

Les réponses et les réactions révèlent une merveilleuse différence entre l’émerveillement spontané de l’enfance et la quête contemplative des adultes.

 L’émotion brute chez l’enfant : le coup de cœur immédiat

Le cœur des enfants chavire presque instantanément pour Appelez-moi Igor. Ce sont les deux figures complices de l’ours et du chien qui les émeuves au premier coup d’œil . La chaleur des couleurs et la promesse visuelle éveille en eux, avant même la première ligne lue, l’envie irrésistible de se plonger dans l’histoire et d’emporter le livre avec eux. Pour un enfant, la couverture n’est pas une vitrine : c’est déjà une porte ouverte vers un ami à adopter.

La contemplation chez l’adulte : entre mystère et poésie

Les adultes, quant à eux, eux, hésitent plus volontiers. Leurs yeux vont et viennent souvent partagés entre La tempérance du héron et Le secret d’Arcadius. Leur cœur balance entre deux univers très différents : d’un côté le mystère captivant que dégage Arcadius, de l’autre, la poésie de la Tempérance guidés par la douceur et la transparence du vert.

Chez l’adulte, la couverture réveille des souvenirs enfouis, une quête du calme ou un désir d’évasion. Elle devient le miroir de son état d’esprit du moment.

Les coulisses : traduire un voyage intérieur en images

Pour moi, le choix de ces visuels n’a jamais été une question de tendance ou de marketing. Si j’ai choisi d’offrir ces illustrations à mes histoires, c’est parce qu’ils ont résonné en moi dès le premier regard.

Donner vie à un livre, c’est faire confiance à une illustratrice pour traduire en couleurs et en formes ce qui n’existait que sous forme de mots. Elles ont su capturer le voyage intérieur qui attend chaque lecteur dès qu’il tourne la première page. La couverture devient ainsi la toute première promesse de cette rencontre entre mon univers et le vôtre.

Une couverture réussie ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais fait signe à la bonne personne au bon moment. Elle est le premier chapitre silencieux d’un livre.

Et vous, quand vous flâner en librairie ou au détour d’un salon, qu’est-ce qui captive en premier votre regard ? Êtes-vous plutôt attiré par la chaleur d’une complicité, la poésie d’un détail ou le mystère d’un secret à découvrir ?

mercredi 12 août 2026

RIA et son défi : « Août des Auteurs Visibles » – Jour 12 : L’un de mes décors

 

Depuis de longues années, je me promène dans le bois de Mariemont, non loin de chez moi.

Souvent, mes pas m’entraînent vers cet étang peu à peu mangé par l’absence d’eau et autour duquel des arbres couchés lors d’une tempête ou l’autre, enjambent cette eau sinople.

Au printemps, les grenouilles y chantent leur amour. Assisse sur un tronc moussu, je prends le temps de les écouter. Ce concours joyeux, à qui emportera le trophée de la plus belle voix, m’a inspiré la grenouille aux yeux bleus, devenu plus tard « Le secret d’Arcadius ». 

C’est un lieu magique, paisible, où l’odeur des bois humides imprègne l’atmosphère d’une douce fragrance.